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Les disparues de Vancouver d’Elise Fontenaille

3 octobre 2010

Ce livre raconte un fait divers dérangeant. Dérangeant car il est resté « confidentiel » à « cause » des victimes, des prostituées d’origine indienne du downtown eastside, une zone de nom droit de Vancouver, un quartier ressemblant à la cour des miracles que chacun préfère contourner et oublier. Ces crimes ne sont pas resté que confidentiel pour la presse et l’opinion publique, non, ces crimes ont également été ignoré par la police et les pouvoirs publiques de Vancouver. Soyez sur que si les victimes avait été des filles des quartiers chics cela aurait fait les gros titre et c’est ce qui m’a fait lire ce livre la rage au ventre. La rage de tant de vies détruites car elles semblent moins compter que d’autre !

Durant des années de nombreuses femmes ont disparu de downtown eastside, leurs corps n’ont jamais été retrouvés. Mais qui cela intéresse la disparition de prostitués toxicomanes ?

Sarah était l’une d’elle mais Sarah avait un ami Wayne qui n’a jamais cru à une fuite comme disaient les flics. Il a tenté de faire bouger les choses et face à l’immobilisme des autorités il s’est lancé lui-même dans une enquête. Il a découvert que des dizaines de filles avaient disparu, il a monté un site internet pour diffuser ses informations et recueillir des témoignages.

Après plusieurs années de mobilisation enfin les services de police s’intéresseront à l’affaire. Pickton, un éleveur de cochons, sera arrêté. Il sera découvert qu’il tuait les filles, les découpait et donnait leurs corps à manger à ses porcs.

Ce livre relate un fait réel récent, un deuxième procès doit avoir lieu à Vancouver. Ce livre est dur, rageant, révoltant, au 21eme siècle, dans un monde qui se veut civilisé certaines vies valent plus que d’autres, certaines personnes peuvent disparaitre sans que cela n’émeuvent grand monde, il y a une justice des riches et une justice des pauvres.  Ce livre rend hommage au combat de Wayne et à toute les victimes.

"Crab Park : une simple bande de gazon donnant sur le port industriel. Ici viennent les marins, les dockers… et aussi les filles de Skid Row, quand elles veulent se laver l’âme entre deux passes, en regardant l’océan, oubliant un instant le downtown eastside ; l’œil errant sur le gris ondoyant des vagues… Le Pacifique lave de tout, même des souillures de Skid Row."

Extrait du journal de Sarah :

"(…) Ca fait un bout de temps que je vis par ici. Plus longtemps que vous ne pensez. Je sais ce que c’est que la haine. Je hais tellement, et si fort, que ça consume mon âme. Jusqu’aux cendres. Je m’endors avec ma haine, elle est ma compagne, ma passion, elle sera une perte aussi. Elle est en moi au plus profond, elle veut que je la laisse sortir, mais je ne peux pas, je ne serais rien sans elle…"

"Sur le terrain, les fouilles sont longues, interminables, 300 000 échantillons prélevés, les restes de dizaines de femmes… Selon le chef des médecins-légistes embauchés, c’est une scène de crime comparable à un charnier du Kosovo après purification ethnique, à Ground zero… On n’est pas près d’identifier toutes les femmes charcutées ici… On n’est pas près d’en voir la fin, de ce charnier."

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