Spirales de Tatiana de Rosnay
Hélène est une femme sans histoire, la cinquantaine, épouse d’un éditeur reconnu, mère d’enfants ayant réussis et grand-mère aimante. Elle a consacré sa vie au bonheur de sa famille, au bien être des siens, elle est bénévole dans des associations et est toujours disponible, c’est une épouse modèle et l’illustration de la femme parfaite à tel point que son fils la surnomme Sainte Hélène. Elle c’est tellement consacrée aux autres qu’elle en a oublié son propre épanouissement.
Un jour d’été, pour la première fois de sa vie elle écoute son propre désir et trompe son mari avec un inconnu rencontré quelques minutes auparavant. L’adultère devient cauchemardesque lorsque l’amant meurt au lit.
Que faire ? Appeler les secours et devoir expliquer la situation, briser sa vie, sa réputation, celle de son mari, subir les cancans de ce petit milieux bourgeois ? Ou bien fuir, oublier, laisser cet homme mort, cet inconnu ? Hélène choisi de fuir, de faire disparaitre de sa mémoire cet « accident » mais dans sa fuite elle en oubli son sac.
Va suivre une spirale infernale, incontrôlable où Hélène va se découvrir prête à tout pour ne pas être démasquée. Ce court roman est haletant, on assiste impuissant à la chute de cette femme engoncée dans son image de sainte, perdue par un acte fou. Hélène dépérit de page en page mais seul le lecteur s’en rend compte, comme si elle était transparente, comme si aux yeux de tous rien ne pouvait arriver à cette petite bourgeoise sage et effacée.
Ce roman est terriblement triste, et à la fois effrayant car il démontre que pour sauver les apparences l’humain peu aller jusqu’aux pires extrémités.
- Avoue tout de même que tu as une vie terriblement protégée, Hélène.
Hélène leva les yeux vers son amie, silencieuse. Armelle continua de sa voix perçante, presque agaçante.
- Il ne t’est jamais arrivé quelque chose de grave. Ton mari t’aime encore, ce qui est un miracle de nos jours, tes enfants ont réussi, il y a des petits-enfants, pas de problème d’argent, de santé, vous vivez bien. Tu n’a jamais travaillé, tu n’en as jamais eu besoin, tu ne sais pas ce que c’est la vie d’entreprise. Vous habitez un hôtel particulier, cité des Fleurs, vous avez une villa à Honfleur, enfin tu vois ce que je veux dire, tu ne peux pas te plaindre, Hélène, tu n’as pas le droit de te plaindre. Tout va bien dans ta vie. N’est-ce pas ?
Hélène termina son chocolat lentement. Elle étudia le visage sans relief de son amie, sa blondeur fade, ses bijoux de bourgeoise, son sac de marque.
- Tout va bien dans ma vie, répéta-t-elle, à voix basse.
- Mais oui, entonna Armelle, ses lèvres tachées de cacao aux commissures.
Hélène plaça une main sur le poignet replet de son amie. Puis elle se pencha vers son amie, avec un sourire étrange. Armelle trouva que les prunelles d’Hélène étaient presque jaunes, alors qu’elle les avait toujours crues marron. Le visage d’Hélène était tout près du sien et elle en ressentit un inconfort soudain. Elle avait envie de reculer mais Hélène avançait encore.
- Mais qu’est-ce que tu en sais ? dit Hélène doucement, sans ciller. Qu’est-ce que tu sais de ma vie ?
Pour la première fois, Armelle eut peur d’Hélène. Sans qu’elle puisse expliquer pourquoi.



J'ai vu lire…
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100 ans de littérature américiane
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Un mot, des titres…




Un roman très prenant, dont la fin peut surprendre, mais qui n’enlève rien au bon souvenir que je garde de la lecture de ce livre…
La fin est effectivement étrange elle laisse une libre interprétation.
tiens, ça a l’air pas mal…
n’hesite pas il se lit trés vite !
Bah, moi la fin en queue de poisson ne m’a pas vraiment plu…
Cela se comprend Véro car c’est un peu abrupte.
je n’ai lu que Boomerang du même auteur. alors, c’est marrant car c’est le seul livre qui m’a procuré ceci : je l’ai lu très vite (elle a un vrai don pour les rebondissements) et à peine fini, je ne l’ai pas aimé. j’ai trouvé que c’était trop, trop d’effets, trop de morts, trop de maladies, trop de choses qui ne tournent pas ronds… du coup, cela m’a bloquée, je n’ai plus envie de la lire Tatiana… ce n’est pas méchant, mais des émissions TV comme Capitale me font le même effet, je les regarde, je n’arrive pas à déscotcher et dès que c’est terminé, je regrette.. bizarre
vous avez lu Boomerang aussi ? Spirales c’est comment par rapport à Boomerang ?
Je n’ai pas lu Boomerang, Spirales est le premier livre que je lis de cet auteur. Votre ressenti m’intrigue, je vais essayer de me le procurer. Si vous le souhaitez Spirales fait parti de mes Livres voyageurs.