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Je me suis tue de Mathieu Menegaux

22 mars 2017

Ce court roman est une tragédie grecque. De ces tragédies dont on ne peut, qu’impuissant, voir se dérouler sous nos yeux, le drame, cette longue chute sans espoir.

Clara, la quarantaine, sans enfant, épanouie dans son poste à responsabilité et dans son couple avec Antoine va vivre l’enfer dans un sordide tunnel un soir d’hiver.

4 sonneries, une réponse du commissariat avant 4 sonneries et plus rien n’existait. Une fraction de seconde de réflexion, d’instinct, de tentative de fuite. Un choix : ne rien dire. Si on ne dit rien à personne les choses qui arrivent existent-elles ? Peut-on obliger son cerveau à oublier ? Combattre ce qu’exprime notre corps ?

Clara a fait un choix : se taire, se taire qu’elle qu’en soit le prix.

Ce texte m’a happé, révolté, peiné. L’auteur en quelques phrases aborde la parentalité, la culpabilité, le doute de manière brutale.

Nous assistons impuissant au choix de Claire : ne rien dire, être incomprise, refuser le statut de victime. Nous sombrons avec elle. La chute, d’une violence inouïe, nous laisse face à nos doutes, nos questions. Nous portons avec elle ce secret destructeur et nous posons l’inévitable question : qu’aurais-je fait ?

♦ Je me suis tue de Mathieu Menegaux

Editeur : Points

ISBN : 978-2-75786-009-0

Parution : janvier 2017

Pages : 137

Prix : 6,20 €

Promenades littéraires dans Paris de Gilles Schlesser – photographie de Gilles Targat

20 mars 2017

Vies d’auteurs, inspirations, histoire de personnage, lieux emblématiques de l’édition, ce guide invite à la découverte de plus de 500 lieux « habités par les mots ». L’auteur propose 13 parcours parisien. Chaque parcours est représenté sur une carte puis chaque étape en un court paragraphe. Le livre est richement illustré par une importante iconographie et de nombreuses citations. Son format est parfait pour se glisser dans un sac et partir en ballade.

J’ai choisi de parcourir le livre sur le thème du polar, genre que j’affectionne particulièrement. Suivez-moi !

En route pour le quartier Palais-Royal – Opéra – Madeleine. Au 5 rue des petits champs nous imaginons Fiat Lux l’agence de détective privé de Nestor Burma, personnage crée en 1942 par Léo Malet. Au 22 du Richer nous croisons Fantomas (Les souliers du morts – Pierre Souvestre et Marcel Allain – 1912). Continuons vers Saint-Germain-des-Prés et découvrons au 10 rue Dauphine le Chope du Pont-Neuf, bistrot où vient déjeuner Maigret. C’est le commissaire Massu, l’un des modèles de Maigret, qui fit connaitre ce lieu à Simenon. Traversons la Seine et arrêtons-nous à la Taverne Henri IV, 13 Place du Pont-Neuf. Il s’agit du Tabac Henri IV dans L’écluse N°1 de Simenon. Impossible de faire l’impasse sur le 36 quai des Orfèvres, bureau de Maigret.

Changeons de style au 1 rue Saint-Martin, appartement-bureau d’Eugène Tarpon, ancien gendarme devenu détective dans Morgue pleine et Que d’os de Jean-Patrick manchette. Nous retrouvons Simenon au 21 place des Vosges, où dit-on, il croisait chaque jour le docteur Paul Maigret. Suivons-le jusqu’au 232 boulevard Raspail à l’hôtel Aiglon où il rédigea La Tête d’un Homme en février 1931. Allons vers Montparnasse, au 33 rue Blomet découvrir où San Antonio fit demeurer Berurier et sa femme dans Des gueules d’enterrement en 1957.

Filons maintenant vers République découvrir le lieu de naissance de Gaston Leroux créateur du talentueux Joseph Rouletabille. Arrêtons-nous au 132 boulevard Richard-Lenoir, peut-être verrons-nous Maigret à la fenêtre. Au 125 rue Saint-Fargeau est caché le corps de l’encaisseur Bernard assassiné par Fantomas. Dans la très chic rue Crevaux, au numéro 8, Maurice Leblanc donna naissance à Arsène Lupin, gentleman-cambrioleur.

Ce livre invite à la découverte et aux ballades le nez en l’air. Et vous quel est votre circuit littéraire ?

Je remercie chaleureusement les éditions Parigramme et Babelio pour l’envoi et la découverte de ce livre.

♦ Promenades littéraires dans Paris de Gilles Schlesser- photographie de Gilles Targat

Editeur : Parigramme

ISBN : 978-2-37395-010-6

Parution : février 2017

Pages : 283

Prix : 18,90 €

 

La librairie de la place aux herbes d’Eric de Kermel

27 février 2017

 

9782212566147_h430Nathalie est typiquement ce que l’on appelle couramment une bobo, femme d’un architecte pourvoyant pleinement au revenu du foyer elle a élevé ses enfants dans un quartier privilégié de Paris sans jamais avoir besoin de travailler. Elle s’ennuie et décide de quitter Paris pour s’installer à Uzès loin du vacarme et de la folie de la vie parisienne.

Nathalie a une passion pour les livres, une passion qui frôle la devoterie voir le fétichisme.

J’aime les livres qui racontent de grandes histoires romanesques à vous tirer les larmes, mais j’ai aussi un grand plaisir à me laisser prendre dans les déambulations intellectuelles et savantes des essais qui me procurent le sentiment d’être plus intelligente.

J’aime les livres d’art qui font entrer dans les maisons les tableaux du Louvre ou du Prado, ou les images dépaysantes venues des cinq continents. Combien serions-nous à ne rien connaître de ces merveilles s’il n’y avait ces livres ?

J’aime la tranche des livres. Lorsqu’ils sont rangés dans les rayons, on les regarde avec la tête légèrement inclinée, comme si nous les respections avant même de les avoir ouverts.

J’aime le papier. Comment parler du papier au singulier….(page 7)

Une fois installé à Uzès Nathalie découvre que la librairie du village est à vendre, elle y voit l’opportunité de réaliser son rêve : vivre autour des livres et partager sa passion. Elle rachète la librairie, en fait une boutique à son image et y accueille avec chaleur ses clients. Chaque client est l’occasion d’une rencontre, d’une histoire et d’une « prescription littéraire ».

Cette « prescription littéraire » est le point fort de ce livre, tout au long des portraits et du récit des titres sont distillés et je suis ressortie de ce roman avec une liste de livre à lire. L’ensemble des livres évoqués sont listés à la fin de l’ouvrage, voici la mienne :

Quatre-vingt-treize de Victor Hugo

Voyage avec l’absente d’Anne Brunswic

Immortelle randonnée de Pascal Rufin

Big Sur de Jack Kerouac

Soie d’Alessandro Baricco

Mrs Dalloway de Virginia Woolf

Ce roman est un conte de fée, et c’est exactement ce que l’on attend de lui, mais il est sans grande finesse et cela est vraiment dommage, le « feel good » est d’ailleurs l’argument de communication de la maison d’édition. Si vous suivez mon blog vous savez que je ne lis pas habituellement ce genre de roman. Lorsque la maison d’édition m’a proposé d’en lire les épreuves j’y ai vu l’occasion de découvrir ce style toutefois c’est bien trop « gentil » pour moi. Je ne crois pas aux contes de fée ! je le regrette mais je n’ai pas la capacité de simplement profiter de ce livre, mon cynisme naturel revient au galop à chaque phrase ou situation me donnant l’impression d’être au village enchanté.

Bonjour, je m’appelle Hélène. Bienvenue ! je tiens une petite boutique de fringues dans la rue voisine. Je suis tellement heureuse que la librairie ne devienne pas une pizzaria. (…) Si vous voulez, je vous aiderai à tout repeindre quand vous entamerez les travaux (page 11 – 12)

L’auteur alourdi son livre d’une bien-pensance pesante. Le petit village, à la place entourée d’arbre accessible par de minuscules ruelles,  où chacun vie dans le respect des autres et la convivialité, la sauvegarde d’un petit commerce face aux multinationales sans âme, l’ode au livre papier,… Nathalie n’est plus libraire, elle est à la fois psychanalyste, objecteur de conscience, médiatrice… s’en est trop pour moi. Les personnages sont intéressants mais à chaque fois il y ce petit « trop » qui les rends mièvres.

Tarik appartient au régiment du génie basé à Laudun, à une vingtaine de kilomètres d’Uzès. Rien ne me prédestinait à le rencontrer, sauf qu’une librairie mène à tout, même au chevet s’un soldat (page 136)

Ce roman n’a pas eu l’effet escompté sur moi mais je suis sûre que l’un ou l’une d’entre vous croit encore aux contes de fée, si tel est le cas j’envoie avec plaisir mon exemplaire à qui voudra en faire une chronique !

Je remercie chaleureusement les éditions Eyrolles pour l’envoi et la découverte de ce livre.

♦ La librairie de la place aux herbes d’Eric de Kermel

Editeur : Eyrolles

ISBN : 221256614X

Parution : février 2017

Pages : 213

Prix : 14,90 €

La photo du dimanche #35

26 février 2017

Paris est né, comme on sait, dans cette vieille île de la Cité qui a la forme d’un berceau. La grève de cette île fut sa première enceinte, la Seine son premier fossé. – Victor Hugo, Notre Dame de Paris

Paris, février 2017

Photographie personnelle – Mes petites idées – Delph

Photographie personnelle – Mes petites idées – Delph

Dis, tu lis quoi ? #4 : Marie-Anne, auteur du blog Sur la route de Jostein

20 février 2017

trinity-college_bibliotheque

Je suis toujours curieuse de savoir ce que lisent les autres. J’aime regarder les bibliothèques de mes ami(e)s, feuilleter les livres sur les tables basses, conseiller et chroniquer et j’apprécie beaucoup que l’on m’en conseille. Je tiens une liste de livre à lire d’une longueur indécente et prend plaisir à y revenir à chaque passage en librairie ou à la médiathèque.

Dans la continuité de mes anciennes rubriques  « Aujourd’hui j’ai vu lire… «  et « Interview autour du livre » je vous propose de découvrir les lectures de blogueurs (euses), ami(e)s, relation(s), inconnu(e)s,… Et pourquoi pas les vôtres ! Si vous souhaitez participer à cette chronique écrivez-moi à : mespetitesidees@free.fr

Aujourd’hui partageons la lecture de Marie-Anne. Sur la route de Jostein fait parti des blogs que je lis très régulièrement, je vais reprendre mes mots à son sujet dans mon article sur ceux et celles que je suis :

Attention ce blog va avoir un effet assez désastreux sur votre wish-list ! Vous découvrirez des chroniques abouties, des choix variés, des titres et maisons d’éditions peu connus loin des blockbusters de la littérature que l’on retrouve de blog en blog.

Découvrez ses réponses :

jostein

Quel livre lis-tu en ce moment ?

Je découvre en ce moment le premier livre d’un tout jeune auteur chinois de 94 ans, Rao Pingru, intitulé Notre histoire.

Comment l’as-tu choisi ?

Sa couverture, à la fois sobre et exotique, a attiré mon œil curieux. En m’intéressant à la quatrième de couverture, j’ai compris que ce livre allait satisfaire mes envies de découverte et de dépaysement.

Quel en est le thème et le style ?

Comme le titre l’indique, Rao Pingru raconte son histoire et celle de sa famille dans la Chine du XXe siècle. Même si l’auteur a passé de nombreuses années dans un camp de rééducation, si il a perdu sa femme adorée, Meitang en 2008, le récit se veut tendre et poétique. L’auteur utilise un style narratif fluide largement illustré de ses aquarelles et de  calligraphies chinoises.

Si tu devais nous conseiller un unique livre lequel serait-il ?

Impossible de choisir un seul livre! Mais je vais me plier à la règle et les curieux iront voir mes coups de coeur et mes conseils sur mon blog. Donc, le livre qui m’a mise sur le chemin de la lecture est sans aucun doute, Le monde de Sophie de Jostein Gaarder.

Pourquoi celui-ci ?

En lisant ce livre, j’ai découvert comment un auteur pouvait me transporter dans son univers, me faire entrevoir des mondes cachés derrière les phrases, me faire voyager et réfléchir. Je lisais peu avant cette rencontre. Ce roman a déclenché mon envie perpétuelle de retrouver dans la lecture cette frénésie du voyage dans l’espace, le temps et les âmes.

Merci beaucoup Marie-Anne de ta participation !

Les livres évoqués :

Notre histoire de Rao Pingru

En 2008, à la mort de sa femme Meitang, Rao Pingru entreprend de conjurer le deuil par l’encre et l’aquarelle en retraçant, in memoriam et en dessin, le destin de sa famille. Dans son appartement shanghaïen, le vieil homme se souvient du sel des jours qu’il a partagés avec Meitang et de leur vie rythmée par les battements d’une Chine en ébullition.

De sa petite enfance à son mariage avec celle qui porte aux lèvres « une touche d’écarlate », de son engagement militaire lors de la guerre contre le Japon à son internement dans un camp de rééducation où il resta vingt ans, de l’établissement de sa famille à Shanghai à la maladie de son épouse, Rao Pingru restitue dans cette histoire les jours de fête comme les jours difficiles et livre une œuvre qui ne ressemble à aucune autre, une vie dessinée à l’échelle de la Chine. (résumé éditeur)

 

 

Le monde de Sophie de Brodeck de Jostein Gaarder

Qu’est-ce qu’il y a de plus important dans la vie ?
Tous les hommes ont évidemment besoin de nourriture. Et aussi d’amour et de tendresse. Mais il y a autre chose dont nous avons tous besoin : c’est de savoir qui nous sommes et pourquoi nous vivons.  (résumé éditeur)

Dis, tu lis quoi ? #3 : Marie-Claude, auteur du blog Hop ! sous la couette

6 février 2017

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Je suis toujours curieuse de savoir ce que lisent les autres. J’aime regarder les bibliothèques de mes ami(e)s, feuilleter les livres sur les tables basses, conseiller et chroniquer et j’apprécie beaucoup que l’on m’en conseille. Je tiens une liste de livre à lire d’une longueur indécente et prend plaisir à y revenir à chaque passage en librairie ou à la médiathèque.

Dans la continuité de mes anciennes rubriques  « Aujourd’hui j’ai vu lire… «  et « Interview autour du livre » je vous propose de découvrir les lectures de blogueurs (euses), ami(e)s, relation(s), inconnu(e)s,… Et pourquoi pas les vôtres ! Si vous souhaitez participer à cette chronique écrivez-moi à : mespetitesidees@free.fr

Aujourd’hui partageons la lecture de Marie-Claude. J’ai découvert Marie-Claude sur Instagram où elle partage de nombreuses photos de sa vie québécoise et les aventures de Bidule, son chat, dans la neige. Elle est l’auteur du blog littéraire Hop ! sous la couette qui est une vraie source d’inspiration de littérature canadienne et américaine. Découvrez ses réponses :

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Quel livre lis-tu en ce moment ?

Ce que tient ta main droite t’appartient de Pacal Manoukian

Comment l’as-tu choisi ?

J’ai lu Les échoués l’an dernier et j’ai été subjuguée par la façon dont Pascal Manoukian parvient à faire résonner l’actualité. Aussi, impossible de passer à côté de son nouveau roman.

Quel en est le thème et le style ?

Un roman choral qui explore les attentats de Paris, Daech et l’embrigadement. On suit le destin de quatre personnages touchés de plein fouet par cette horrible tragédie.

Si tu devais nous conseiller un unique livre lequel serait-il ?

Ce que tient ta main droite t’appartient de Pascal Manoukian !

Pourquoi celui-ci ?

Parce qu’il y a trop d’ignorance et d’esprits fermés. Parce que les romans qui aident à mieux comprendre la vie et le monde qui nous entoure sont toujours les bienvenus. Parce qu’un attentat terroriste a eu lieu hier, dans ma ville. Deux hommes ont ouvert le feu dans une mosquée. Parce qu’il faut chasser l’ignorance et chercher à mieux comprendre.

Merci beaucoup Marie-Claude de ta participation !

Les livres évoqués :

♦ Ce que tient ta main droite t’appartient de Pacal Manoukian

51lizoqoxnl-_sx195_« Si ce soir-là Charlotte n’était pas sortie dîner entre filles, si ce jour-là Karim n était pas allé à la mosquée, jamais elle n’aurait déchiré sa robe, jamais il ne serait parti en Syrie. Ils promèneraient leur fille dans les allées du parc. Il lui achèterait des livres qu elle laisserait traîner sur la table de nuit. Chaque jour elle serait plus belle. Chaque jour ils seraient plus amoureux. Ils boiraient du Sancerre au bonheur de leurs 30 ans, danseraient sur Christine and the Queens. La vie ne tient parfois qu à un bas filé… »

Le miracle n arrivera pas : cette nuit-là, Karim perd tout. Son désir de vengeance va le mener jusqu »aux ruines d Alep, au cœur de la machine à embrigader de Daech. Là où se cachent les monstres, mais aussi les centaines d égarés qui ont fait le mauvais choix pour de mauvaises raisons. Là où il faudra lutter pour ne pas ressembler aux bourreaux. Un voyage réaliste au pays mal connu de l embrigadement et de toutes les violences. (résumé éditeur)

♦ Les échoués de Pacal Manoukian

1955666lpw-1955787-pascal-manoukian-capa-les-echoues-jpg_3010637« Le chien était revenu. De son trou, Virgil sentait son haleine humide. Une odeur de lait tourné, de poulet, d’épluchures de légumes et de restes de jambon. Un repas de poubelle comme il en disputait chaque jour à d’autres chiens depuis son arrivée en France. Ici, tout s’était inversé, il construisait des maisons et habitait dehors. Se cassait le dos pour nourrir ses enfants sans pouvoir les serrer contre lui et se privait de médicaments pour offrir des parfums à une femme dont il avait oublié jusqu’à l’odeur. »

1992. Lampedusa est encore une petite île tranquille et aucun mur de barbelés ne court le long des enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla. Virgil, le Moldave, Chanchal, le Bangladais, et Assan, le Somalien, sont des pionniers. Bientôt, des millions de désespérés prendront d assaut les routes qu ils sont en train d’ouvrir. Arrivés en France, vivants mais endettés et sans papiers, les trois clandestins vont tout partager, les marchands de sommeil et les négriers, les drames et les petits bonheurs. (résumé éditeur)

Dis, tu lis quoi ? #2 : Miss Alfie, auteur du blog Croqueuse de livres…& Compagnie !

30 janvier 2017

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Je suis toujours curieuse de savoir ce que lisent les autres. J’aime regarder les bibliothèques de mes ami(e)s, feuilleter les livres sur les tables basses, conseiller et chroniquer et j’apprécie beaucoup que l’on m’en conseille. Je tiens une liste de livre à lire d’une longueur indécente et prend plaisir à y revenir à chaque passage en librairie ou à la médiathèque.

Dans la continuité de mes anciennes rubriques  « Aujourd’hui j’ai vu lire… «  et « Interview autour du livre » je vous propose de découvrir les lectures de blogueurs (euses), ami(e)s, relation(s), inconnu(e)s,… Et pourquoi pas les vôtres ! Si vous souhaitez participer à cette chronique écrivez-moi à : mespetitesidees@free.fr

Aujourd’hui partageonsla lecture de Miss Alfie. Son blog, créé en 2007 et initialement consacré aux chroniques de lecture, a évoluer avec le temps et vous y découvrirez également des chroniques d’adaptations cinématographiques, des recettes, des photos… Miss Alfie fait également partie de la team Vendredi lecture. Découvrez ses réponses :

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Quel livre lis-tu en ce moment ?

J’ai débuté Les vies multiples d’Amory Clay de William Boyd.

Comment l’as-tu choisi ?

Je l’ai acheté par hasard, posé dans l’étagère et pris par le même hasard : j’ai décidé de m’attaquer à cette étagère dans laquelle je ne peux plus déposer un seul livre ! L’inconvénient ? J’ai souvent la flemme d’aller chercher derrière les livres qui attendent depuis longtemps dans ma PAL !

Accessoirement, je n’ai jamais lu William Boyd, c’est l’occasion de découvrir l’auteur.

Quel en est le thème et le style ?

Il s’agit de la fausse biographie d’une photographe qui traverse le XXe siècle. J’aime l’idée d’un portrait fictif qui pourrait être réel ! Le livre est illustré de clichés pris par Amory Clay, un concept que je trouve intéressant car il renforce le trouble du lecteur : est-ce réel ou fictif ?

Si tu devais nous conseiller un unique livre lequel serait-il ?

Question compliquée… Probablement Le rapport de Brodeck de Philippe Claudel. Même si la saga des Rougon-Macquart de Zola pourrait aussi être en bonne place tant certains romans sont magnifiques et actuels. Mais comme il s’agit d’une saga et non d’un unique livre, ce serai tricher !

Pourquoi celui-ci ?

Le rapport de Brodeck est l’un des premiers romans qui m’a le plus marqué dans cette vie de lectrice adulte. J’ai découvert la puissance des mots de Claudel avec Brodeck. Et la nécessité de ne pas oublier, de pouvoir raconter pour se souvenir et ne pas refaire les mêmes erreurs que par le passé me semble un message trop souvent oublié dans notre monde contemporain !

Merci beaucoup Miss Alfie de ta participation !

Les livres évoqués :

Les vies multiples d’Amory Clay de William Boyd

Au lendemain de la Première Guerre mondiale, la très jeune Amory Clay se voit offrir par son oncle Greville un appareil photo et quelques conseils rudimentaires pour s’en servir. Elle ignore alors que c’est le déclencheur d’une passion qui façonnera irrévocablement sa vie future. Un bref apprentissage dans un studio et des portraits de la bonne société laissent Amory sur sa faim. Sa quête de vie, d’amour et d’expression artistique l’emporte bientôt dans un parcours audacieux et trépidant, du Berlin interlope des années vingt au New York des années trente, de Londres secoué par les émeutes des Chemises noires à la France occupée et au théâtre des opérations militaires, où elle devient l’une des premières femmes photoreporters de guerre. Sa soif d’expériences entraîne Amory vers d’autres conflits, des amants, un mari, des enfants, tandis qu’elle continue à poursuivre ses rêves, à combattre ses démons.

À travers le destin singulier et l’objectif téméraire d’une femme indépendante et généreuse, William Boyd nous promène au gré des événements les plus marquants de l’histoire contemporaine. (résumé éditeur)

 

 

Le rapport de Brodeck de Philippe Claudel

Je m’appelle Brodeck et je n’y suis pour rien. Je tiens à le dire. Il faut que tout le monde le sache. Moi je n’ai rien fait, et lorsque j’ai su ce qui venait de se passer, j’aurais aimé ne jamais en parler, ligoter ma mémoire, la tenir bien serrée dans ses liens de façon à ce qu’elle demeure tranquille comme une fouine dans une nasse de fer. Mais les autres m’ont forcé : « Toi, tu sais écrire, m’ont-ils dit, tu as fait des études. » J’ai répondu que c’étaient de toutes petites études, des études même pas terminées d’ailleurs, et qui ne m’ont pas laissé un grand souvenir. Ils n’ont rien voulu savoir : « Tu sais écrire, tu sais les mots, et comment on les utilise, et comment aussi ils peuvent dire les choses […]. » (résumé éditeur)

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