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Derrière la Façade de William Ritchey Newton

3 octobre 2010

Derrière la façade, vivre au château de Versailles au XVIIIème siècle de William Ritchey Newton fait tomber la carapace dorée du château tel que nous le connaissons : faste, meubles estampillés, dorure, art et douceur de vivre.

L’auteur nous entraîne dans le quotidien des impératifs vitaux (se chauffer, s’éclairer, se nourrir), dans les arrières chambres et les coursives, dans la gestion de 226 appartements, le logement d’un millier de personnes.

Nous découvrons avec étonnement qu’à la cour certains courtisans bénéficiant de terres et propriété en province préfère s’entasser dans de petites chambres afin d’être la où il faut être vu.

Nous rions devant les déménagements en cascades en fonction de l’évolution et des privilèges de chacun. Des situations ubuesques qui doivent être gérées avec diplomatie, situations où chacun tente de faire valoir son bon droit, ses influences, ses relations.

En avril, le marquis des Maret, grand fauconnier, étant mort, le roi ordonna que son appartement allât « au successeur s’il n’a point de logement et, s’il en a un, à Mme de La Rivère, dame de Mesdames ». Toutefois, Mme de Pompadour eu vite fait de convaincre son amant d’octroyer la charge du défunt à son favori, le duc de La Vallière, qui, à l’époque, demeurait dans l’attique de l’ancien hôtel de la Surintendance, annexe au sud de l’aile des Princes. L’appartement de feu Marets (…) étant ainsi libéré, le gouvernement revit sa copie et prépara un état qui tenait compte d’une seconde vacance due à la mort soudaine de M. de Champagne à la mi-juin. Le 27, il reçut l’accord royal pour une nouvelle cascade :

Le logement de Mme la duchesse de Lauraguais à Mme la comtesse d’Estrades ; celui de Mme la comtesse d’Estrades à M. et Mme de Coigny ; celui de M. et Mme de Coigny à la duchesse de Lauraguais » (…)

Les aménagements grâce au mobiliers nationaux sont tout aussi incroyable, X veut le poêle de Y car Y a reçu celui de Z…. les extraits de lettre de demande sont savoureux.

Les problèmes d’intendances sont nombreux, les cuisiniers, faute de cuisine, prépare les mets dans les couloirs au risque de mettre le feu aux tentures. Il faut être inventif pour améliorer son quotidien, par exemple faire se réfléchir la lueur des bougies sur des miroirs afin d’augmenter la luminosité. Sans oublier l’aspect symétrique et esthétique des façades comme nous en informe Mme de Maintenon :

« J’ai encore un très bel appartement, mais sujet au même froid et au même chaud, y ayant une fenêtre de la grandeur des plus grandes arcades où in n’y a ni volet, ni châssis, ni contrevent parce que la symétrie en serait choquée. Ma solidité a quelque chose à souffrir, ainsi que ma santé, de vivre avec des gens qui ne veulent que paraître et qui se logent comme des divinités »

Ce livre très documenté est passionnant, clair et riche. Il fourmille d’extrait illustrant les thèmes abordé. Il éclaire la face sombre de la vie à la cour. Il présente également la création du métier de sapeur pompier.

Jusque vers la fin du XVIIIème, ni le château ni la ville ne disposaient d’effectifs ou de matériel spécialisés dans la lutte contre les incendies ; les volontaires accourus sur la place se bornaient à se passer des seaux de main en main. C’est seulement en 1747, lors du feu de l’appartement des Charost, que furent employées les premières pompes. Gottfried Pfarr, directeur des pompes de la ville de Strasbourg, avait vendu aux Bâtiments (…) 8 engins encore primitifs associant un réservoir mobile et des tuyaux à une pompe que ne projetait sur la source des flammes qu’une quantité limitée d’eau. (…) le besoin d’un matériel et d’un personnel spécialisés n’étant que trop évident, Le Normant de Tournehem, successeur du duc d’Antin, proposa en 1745 d’affecter à des pompiers un logement et un local.

Ce livre n’est pas tendre avec les courtisans, qui ne sont d’ailleurs pas tendre entre eux,  ils donnent l’impression de continuelles réclamations, sollicitudes, parfois tendre, parfois drôle, parfois insupportable.

Note du Marquis d’Argenson :

« Au reste, il n’y a rien à dire contre Mme de Chevreuse, sinon qu’elle a peu d’esprit, on se saurait moins, mais elle est sage (…) »

Mais n’oublions pas qu’en les logeant, meublant et faisant vivre le Roi en faisait ses dévoués sujets.

Je remercie et les Editions Perrin pour l’envoi et la découverte de ce livre.

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