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La marquise de Brinvilliers d’Agnès Walch

3 octobre 2010

J’ai eu le plaisir de recevoir ce roman biographique dans le cadre d’un partenariat avec Alapage, je remercie tout particulièrement Nathaniel de m’avoir sollicité.

La marquise de Brinvilliers est-elle le monstre, l’empoisonneuse en série décrite par l’histoire populaire ? Est-elle cette femme dangereuse et dépravée dont le procès fascina tout autant qu’il terrorisa le tout Paris du 17ème Siècle ?

Agnès Walch, historienne, nous narre ici l’histoire d’une femme qui n’est et ne fut pas que tueuse. Elle brise l’imaginaire chimérique populaire pour s’attacher grâce à d’importante recherche historique à la réalité des faits. Dans cette biographie A. Walch démontre l’importance du contexte historique dans la pleine compréhension de cette affaire. En effet en plein siècle de la peur du complot et  de l’empoissonnement, à une époque où une femme violée ou ayant subit des relations incestueuses est coupable de son malheur le sort de la marquise semble scellé d’avance.

Marie Madeleine Dreux D’aubray est née en juillet 1630. Elle épouse en 1651 Antoine Gobelin marquis de Brinvilliers. Très vite elle succombe aux avances de Godin de Sainte-Croix, ami de son mari, officier de cavalerie et passionné par l’alchimie.  La marquise  dépense énormément aussi bien pour ses gouts de luxe que pour entretenir son amant et très vite se retrouve au bord de la faillite.

Ayant eu connaissance de tentative d’empoissonnement de son époux par la marquise, Sainte-Croix enferme des preuves de culpabilités de sa maitresse dans une cassette « à n’ouvrir qu’en cas de mort antérieure à celle de la Marquise ». Il meurt en 1672. La cassette est ouverte et très vite la marquise alors recherchée fuit à Londres. Elle ira ensuite au Pays-Bas, à Liège puis en Flandre.

Durant sa fuite, le valet de Sainte-Croix : La Chaussée, est arrêté et passe aux aveux. Il reconnait avoir aidé la marquise dans ses actes d’empoissonnements. Elle est alors condamnée par contumace en 1673. Elle sera retrouvée dans un couvent à Liège et ramenée en France en 1676. Durant son procès d’avril à juillet 1676 elle niera les faits malgré le passage à la question. Elle est condamnée à être décapité en place publique.

C’est L’abbé Pirot chargé de l’accompagner dans ses dernières heures qui recueillera ses aveux, l’empoissonnement de son père et de ses frères, elle niera avoir tenté d’empoissonner sa sœur et sa belle-sœur. Elle indiquera également que Sainte-Croix à lui-même tenté de l’empoissonner durant plusieurs mois.  L’abbé Pirot sera étonnamment frappé par la dignité de la marquise devant la mort. Elle ira à l’échafaud avec courage. Il sera troublé et ému par cette femme.

Le rôle de Sainte-Croix reste flou, pourquoi tenter d’empoissonner sa maitresse ? A-t-elle été manipulée ? Il semble peu probable que la marquise ait été seule instigatrice de cette affaire.

En définitive, demeure beaucoup d’opacité sur une affaire qui déclencha une véritable panique en France et sur une marquise à la personnalité complexe, dont le destin fut jalonné de drames familiaux, de haines et de jalousies. Quel jugement porter sur elle ? Comme ses contemporains, on finit par compatir. Qu’elle ait été dangereuse, c’est certain ; qu’elle ait été coupable c’est sans doute vrai ; qu’elle ait été victime, c’est incontestable.

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