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Marilyn, dernières séances de Michel Schneider

3 octobre 2010

Marilyn icône sexuelle, Marilyn actrice de cinéma, Marilyn icône de l’Amérique… Michel Schneider retient, lui, dans son livre la face la plus sombre de Marilyn : la patiente accro à Freud et à la psychanalyse autant qu’aux barbituriques qui la tuaient lentement.

Ce livre rend à Marilyn ce que nous lui devons, la voir comme une femme qui souffre, qui ne supporte pas l’image d’elle même, arrêter de seulement voir en elle cette « petite dinde peroxydée ». Le livre retrace les 30 derniers mois de Marilyn, 30 mois de psychanalyse avec Ralph Greenson, celui qu’elle avait choisie pour l’accompagner à la mort. Pendant 30 mois, les deux personnages ne se sont plus quittés, mêlant cinéma et divan, névroses et champagne, jusqu’à la fusion intellectuelle, passionnelle et destructrice.

R. Greenson a beaucoup douté, il a créé une thérapie spécifique pour cette femme si perdue, il a franchi les limites conventionnelles en en faisant un membre de sa famille, il a beaucoup douté jusqu’à la fin de ses jours de l’impact de cette relation « psychanalytique » aussi bien sur elle que sur lui.

On a l’impression en lisant ce livre que Norma Jeane est prisonnière de Marilyn, elle ne contrôle plus son propre personnage, on souffre avec elle, pour elle. On assiste impuissant à une descente suicidaire dans la déchéance, l’alcool, les anxiolytiques. Elle revit devant l’appareil photo d’un ancien amant et en même temps donne encore une fois son corps en pâture elle qui rêvait que l’on ait envie de la comprendre, de l’écouter de la respecter.

La force de ce roman tient au travail de documentation fourni par Michel Schneider. A partir de documents et de faits réels, il a imaginé, inventé, rêvé ce qu’a pu être la déchéance de Marilyn. Difficile de déceler le vrai du faux mais cela importe peu. Sans complaisance ni excuse, il tranche à vif et ne craint pas de briser un mythe. Mais au-delà de ce tête-à-tête, c’est tout le Hollywood des années 1950 qui est dépeint. On croise en un seul roman les frères Kennedy, Anna Freud, Truman Capote, Clark Gable, Frank Sinatra, les vices et les coulisses de ce monde de l’illusion.

On a envie en lisant ce livre de pouvoir la prendre dans nos bras pour l’aimer juste l’aimer.

5 commentaires leave one →
  1. 15 août 2011 19 h 14 min

    … j’en parle justement aujourd’hui:

    http://fattorius.over-blog.com/article-marilyn-monroe-mise-a-nu-81619152.html

    C’est effectivement un roman habile, construit avec beaucoup de pertinence; il rend Marilyn Monroe attachante, et ne juge personne. Pourtant, on pourrait se poser quelques questions sur la figure de Greenson…

    • 15 août 2011 20 h 43 min

      Je vais lire ton avis sur ce roman. Il est vrai que Greenson à été trés (trop) loin, notament en l’integrant à sa famille.

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