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Une éducation libertine de Jean-Baptiste Del Amo

3 octobre 2010

Ce premier roman d’un jeune auteur est viscéral.

Paris, 1760, Gaspard, jeune adulte quimpérois part de sa ville natale, son bourbier, pour se rendre à Paris. Une ambition : devenir quelqu’un d’autre. Un but : sortir de sa misère sociale, de l’élevage de cochons familial source de multiples traumatismes que nous découvrons au fil du roman.

Paris, 1760, ça sent le sang, la peur, la crasse, la violence, l’indifférence.

Gaspard va découvrir la Seine, « le Fleuve », fil conducteur du roman, ce fleuve repoussant mais fascinant. Gaspard va travailler au milieu de cette eau croupie, eau transportant des cadavres, des souillures, des maladies….

Il fait partir des hommes qui arrêtent, récupèrent et remontent sur les quais les morceaux de bois acheminés par voie d’eau jusqu’à Paris. Tâche dangereuse, traumatisante lors de la découverte d’un crane de nourrisson charrié par le fleuve.

Il sera ensuite assistant perruquier, c’est au sein de cette échoppe qu’il va se rendre compte du pouvoir du corps, des souffrances des sentiments, de la trahison. Il va y rencontrer Etienne de V. noble trainant une réputation sulfureuse. Cette rencontre va matérialiser sa soif d’ascension. Tout devient possible et cela à n’importe quel prix. Gaspard va évoluer socialement, devenir un magnifique imposteur dans un monde qui n’est pas le sien, souffrir, faire souffrir, devenir un roc insensible, expiant la culpabilité de ce qu’il est devenu en se faisant souffrir, en tentant de se libérer de toute sa pourriture intérieur.

Nous sommes parmi ces nobles qui tuent l’ennui en se retrouvant pour s’ennuyer ensemble. Ces nobles un peu au dessus du « peuple » mais bien en dessous du but ultime : paraitre à la Cour. Ces nobles sans consistance, lâches, malléables, manipulables, jeux auquel Gaspard devient un expert tout en y laissant beaucoup trop.

L’auteur aime prendre son temps, nous décrit en un paragraphe ce que nous comprenons en deux lignes et cela est agréable. C’est le genre de roman qu’on lit tout doucement pour ne pas le finir trop vite.

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