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Il a jamais tué personne, mon papa de Jean-Louis Fournier

28 décembre 2010

Jean-Louis Fournier a eu un papa étrange, un médecin habillé comme un clochard qui maintenait ses chaussures avec de gros élastiques orange à conserves, un médecin qui semblait préférer  ses patients à sa famille (quand il ne les oubliait pas dans sa salle d’attente), un médecin qui ne se faisait pas toujours payé. Un papa qui préfère boire au bistrot que rentrer à la maison, un papa un peu fou quand il boit, un papa qui oublie la voiture dans un champ de betterave….

Par courtes brèves Jean-Louis Fournier nous raconte ici son enfance, ses espérances, son admiration teinté d’incompréhension pour se père qui lui ne le voit pas vraiment. Ce livre trace le portrait d’un homme fragile, perdu dans l’alcool, drôle, parfois pathétique. Ce livre est très émouvant car il transpire de l’amour d’un fils pour son père malgré la douleur de certaine situation et la souffrance de ne pas se sentir assez aimé.

Papa et les cigarettes

Papa, il fumait des Gauloises bleues sans filtre. Maman, elle nous disait qu’il fumait même la nuit, dans son lit, et que, souvent, il faisait des trous dans les draps.

Ses doigts étaient jaunes. Ses poumons, ils devaient être durs comme des gaillettes. Sa gorge, elle devait être toute noire à l’intérieur comme une cheminée, il fallait la ramoner. Alors tous les matins, il toussait, très fort et très longtemps. Ca devait lui brûler aussi, c’est peut-être pour ça qu’il buvait, pour éteindre le feu.

Un jour, je me souviens que papa il a eu comme une crise de folie. Il s’est mis plein de cigarettes sans la bouche avec un cigare au milieu. Sa tête, on aurait dit une fleur de pissenlit. Et il s’est promené comme ça dans la maison, mais personne avait envie de rire. C’était grave, il savait plus ce qu’il faisait.

A ses clients qui fumaient, papa disait d’arrêter, il leur disait que c’était mauvais pour leur santé. Ca faisait rigoler les clients, et papa aussi. Sur les meubles de maman, il y a encore des brûlures de cigarettes, c’est des souvenirs de papa.

***********************

 Maintenant j’ai grandi, je sais que c’est difficile de vivre, et qu’il ne faut pas trop en vouloir à certains, plus fragiles, d’utiliser des « mauvais » moyens pour rendre supportable leur insupportable.

Merci à Jeremie pour le prêt de ce livre.

Du même auteur : Où on va, papa ?

4 commentaires leave one →
  1. Jérémie permalink
    28 décembre 2010 20 h 43 min

    Merci @ toi Delphine pour la chronique de ce petit livre très émouvant mais également bourré d’humour dont je retiens particulièrement la « morale » : « il ne faut pas trop en vouloir à certains, plus fragiles, d’utiliser des « mauvais » moyens pour rendre supportable leur insupportable. » même si elle est toujours difficile à accepter…

  2. 29 décembre 2010 17 h 58 min

    ça me tente… je crois que j’ai Où on va, papa dans ma PAL…

    • 1 janvier 2011 22 h 08 min

      N’hésite pas, cela se lit très vite. Où on va papa est très poignant et émouvant.

Trackbacks

  1. Top Ten Tuesday #11 | Mes petites idées

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