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Le royaume des voleurs de William Ryan

3 mai 2011

Korolev est un policier intègre, respectueux de l’idéologie communiste malgré la dureté de la vie sous ce régime en cet hiver 1936 à Moscou. Il est choisi pour enquêter sur des crimes sanglants et pervers mais très vite il semble que des personnes proches du pouvoir en place pourraient y être mêlées. Malgré les interdictions du parti certaines branches du pouvoir sont en contact avec des ressortissants américains, Korolev doit reconnaitre que ce sont parfois ceux qui dictent les règles et qui sont chargés de les faire respecter qui les bafouent, et avoir connaissance de ce genre d’agissement s’avère dangereux. Ce roman s’appuie sur des détails très précis de la vie sous le communisme, il décrit parfaitement l’ambiance, l’idéologie, la vie de tout les jours, les contraintes de ne devoir consommer que des produits locaux. Il est surprenant de découvrir la quasi admiration qu’éprouve Korolev envers les institutions et son fort sentiment patriotique malgré la duretée de la vie. Afin de mener à bien son enquête Korolev va devoir naviguer entre diverses « strates » de sa société moscovite. Des voleurs dont les tatouages narrent leur vie, aux immeubles communautaires, en passant par les rues glaciales et grises de Moscou, il va devoir côtoyer des gens en souffrance, souffrance d’avoir été dénoncé ou d’avoir dénoncé eux-mêmes des camarades dans ce régime politique qui broie les hommes.

L’un des points fort de ce roman est le sentiment d’oppression qui en ressort. En plein bloc soviétique, dans la Russie de Staline, l’auteur parvient à nous faire ressentir quasiment physiquement l’ambiance glaciale (autant au sens propre qu’au sens figuré) qui règne à Moscou. Surveillance, dénonciation, peur permanente, l’angoisse du mot de trop, de l’expression ou du regard mal interprété est palpable tout au long du roman.

Le rythme de ce polar est lent mais dense, plaisant à la lecture. Il est toutefois difficile de se repérer dans les nombreux noms à consonance russe, que se soit les noms propres ou les noms des services et institutions.  Un reproche stylistique : la multiplication des lettres pour illustrer le bégaiement d’un personnage le dire bègue aurait suffit à mon goût.

Je remercie chaleureusement les Editions des Deux Terres et  pour l’envoi et la découverte de ce roman.

♦ Le royaume des voleurs de William Ryan

368 pages, 22,50 euros

ISBN : 978-2848930893

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2 commentaires leave one →
  1. wiloobi jerome permalink
    5 mai 2011 0 h 30 min

    un bon polar « ethnographique » donc, et c’est vrai que c’est pénible ces noms étrangers… un trucs avec les noms russes c’est qu’en fait les vitch et compagnie servent juste à indiquer des liens de parentés, du coup essayer de repérer les radicaux : patronyme et prénom

    • 5 mai 2011 10 h 19 min

      Merci pour ces conseils ! J’avais arrété les Bienveillantes pour la même raison (en plus d’une mise en page imbuvable !)

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