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Accabadora de Michela Murgia

29 juin 2011

Comme je vous l’indiquai ici j’ai pu découvrir quelques titres de la rentrée littéraire 2011 en avant première gâce au site Libfly et à la librairie le Furet du Nord que je remercie.

Fille de anima. C’est ainsi qu’on appelle les enfants doublement engendrées, de la pauvreté d’une femme et de la stérilité d’une autre. De ce second accouchement était née Maria Listru, fruit tardif de l’âme de Bonaria Urrai.

C’est par ces mots que débute le roman de Michela Murgia, Accabadora. Ce livre retrace l’éducation de Maria, fille de anima dans un petit village de Sardaigne dans les années cinquante. A chaque page me venaient à l’esprit les murs de pierre protégeant de la chaleur de la région, la lumière du soleil à travers des persiennes, la végétation luxuriante, de vieilles femmes en noires, une douceur et un art de vivre. Bonaria Urrai n’a jamais eu d’enfant. Elève t-elle Maria par désir d’enfant ou façonne t-elle une descendante ? Que fait Bonnaria Urrai la nuit au chevet des agonisants ? Ange ou sorcière ? Maria est la seule au village à ignorer le rôle de Bonnaria Urrai, celui d’abréger les souffrances des agonisants.

A la découverte du rôle de sa mère adoptive Maria fuit sa campagne natale faute de pouvoir accepter la réalité. Il lui faudra beaucoup de temps pour comprendre et accepter ce que faisait Bonaria Urrai, il lui faudra à son tour être confrontée à la souffrance d’autrui et à cette mort qui ne vient pas.

A travers cette histoire de vie, de mort et d’amour l’auteur nous renvoi à des questions que je préfère savoir enfouie au plus profond de moi-même tant la réponse m’effraie: que faire face à l’agonie et la souffrance de nos parents, de nos proches ? Que sommes-nous capables de faire face à cela ? Souhaitons-nous la mort d’un proche agonisant pour ne plus qu’il souffre ou parce que nous soufrons trop nous-mêmes ?

Ce roman présente un contraste entre son écriture et son sujet, comme si l’écriture fluide, simple (au sens noble du terme) poétique parfois venait adoucir les faits.

Ce roman paraitra le 18 août 2011 au édition du Seuil.

♦ Accabadora de Michela Murgia

traduit de l’italien par Nathalie Bauer

ISBN : 978-2-02-102507-1

5 commentaires leave one →
  1. 30 juin 2011 19 h 53 min

    Accabadora « celle qui termine » est aussi un merveilleux voyage dans les transformations vécues par la Sardaigne pendant les cinquante dernières années. C’est un aperçu d’une culture, de l’intérieur, au delà des clichés folkloriques. Dans Accabadora il y a ma grand-mère, ma mère, mes tantes et un peu de moi. Je suis heureuse qu’il paraisse finalement en français pour pouvoir le partager avec tout ceux qui ne parlent pas italien. Et je suis curieuse de voir comment a été traduite ma langue maternelle, le sarde.

    • 30 juin 2011 22 h 57 min

      Merci beaucoup pour ce commentaire. Je comprends que vous retrouviez dans ce beau texte vos origines et votre culture. Je ne parle pas du tout l’italien et connais peu la littérature italienne mais ce roman m’a donné envie de m’y mettre pour decouvrir d’autres auteurs.

  2. 1 juillet 2011 7 h 46 min

    Alors il va falloir commencer par éviter de mélanger la culture sarde avec la culture italienne! Tout comme les corses nous sommes assez susceptibles à se sujet!😉

    • 1 juillet 2011 9 h 15 min

      Ah, toutes mes excuses si je vous ai froissée culturellement😉 Je vais faire plus attention à l’avenir.

Trackbacks

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