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Les nuits de Favonio de Carmelo Sardo

11 juillet 2011

Favonio est une prison en pleine mer au large des côtes Siciliennes, un vieux château transformé en pénitencier dont le mur d’enceinte abrite de petites guérites de garde souvent aux proies du vent et de la pluie. J’ai mis du temps à me créer l’image de ce lieu tant mon esprit me renvoyait la vision d’Alcatraz. Vision qui au fil du roman c’est évaporée pour laisser place à l’île, son port, ses criques et ce petit village où tout le monde vie de la prison. Comme toute île sont rattachement au continent dépend de la nature et du temps.

Cette prison abrite les peines à vies “fin de peine jamais”, ces mafieux condamnés à mourir enfermés, punis pour leurs crimes et qui souvent ont encore le pouvoir de donner des ordres vers l’extérieur : exécutions, vengeances, trafics.

Le narrateur nous raconte son expérience au sein de la police pénitentiaire lors de son service militaire vingt ans plus tôt dans les années 1980. Il ne connait rien de ce monde, de ce milieu, il arrive pour ses neuf mois de service qu’il imagine comme une parenthèse après laquelle il reprendra sa vie normale. Mais il n’en est rien, les neuf mois passés à Favonio vont changer sa vie, lui ouvrir les yeux et le contraindre à faire des choix.

Dès son arrivée il est confronté à l’assassinat d’un détenu, puis quelques semaines plus tard à l’immolation d’un autre. Il assiste également à l’arrivé d’un détenu violeur d’enfant battu à mort dans les douches sous l’œil complice des gardiens. Toutefois nous sommes loin d’actes de violence répétées. Les détenus savent qu’ils ne sortiront pas vivant de Favonio et se sont organisés pour vivre ensemble. Repas du dimanche, tour de bronzage sur la seule chaise accessible aux rayons du soleil, les détenus acceptent leurs peines, ils savaient ce qu’ils risquaient en étant mafieux. Ils acceptent leurs peines car cela fait parti d’un code d’honneur, ont doit payer pour nos actes.

La relation entre gardien est détenu est apaisé, certains ce côtoient depuis des décennies. Chacun accepte son rôle. Le narrateur va tisser des liens particuliers avec Carmelo Sferlazza, mafieux repenti. Il se fait complice de la conception d’un « bébé parloir », et deviendra même le parrain de l’enfant. Mais avoir accepté ce rôle l’entrainera à devoir choisir entre sa parole et l’amour d’une femme qui ne peu accepter cela.

Il ne reviendra qu’une fois bien des années plus tard sur cette ile qui est comme un retour au source de l’homme qu’il est devenu.

Ce roman est très beau et puissant. Il nous invite à réfléchir sur le pardon, la rédemption, le poids d’une parole donnée et la force de l’amitié. Je trouve également la couverture magnifique.

Je remercie chaleureusement  et les Editions First pour l’envoi et la découverte de ce roman.

Les nuits de Favonio de Carmelo Sardo

Traduit de l’italien par Anaïs Bokobza

Edition First

Parution : mai 2011

352 pages

20,90 euros

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