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Latex, etc. de Margaux Guyon

21 octobre 2011

J’ai eu beaucoup de mal à lire ce livre car ce texte m’a littéralement énervée. C’est la première fois qu’un livre édité me met dans un tel état, j’avais déjà ressenti cela avec un manuscrit mais jamais avec une édition.

Margaux est une jeune fille de C**** (ville totalement identifiable dans le livre, cela doit-être conceptuel : je ne vous dis pas où c’est mais je vous colle de nombreux d’indices pour que vous sachiez évidement où cela se passe….) et C**** il n’y a pas à dire c’est nul ! Que des gens moins doués qu’elle, moins bien habillés qu’elle, ayant moins d’ambition qu’elle….

Margaux est également experte en placement de produit, elle ne porte pas un pull elle porte un Darel, elle ne porte pas des ballerines mais des Repetto, elle ne porte pas un jean mais un Diesel… et cela est de même dans tout les domaines, voitures, téléphones, musiques, alcool….  Un véritable festival de marques !

 Margaux a de l’ambition : elle veut quitter C**** parfois elle va prendre un bol d’air à Avignon faire du shopping, c’est si chic Avigon….

 Mais pour vivre la grande vie il faut de l’argent et donc elle doit trouver un  moyen simple d’avoir de l’argent rapidement : coucher avec des vieux riches. Elle est comme ça Margaux elle vous raconte ses petites coucheries comme si vous y étiez avec un recul et une nonchalance qui se veut stylée mais qui n’est que plate et sans saveur. Au fil des pages on oscille entre une coucherie, une séance shopping, des vacances à Courchevel, ses considérations sur sa famille qui la mérite tellement peu, sa vision du lycée et des pauvres jeunes qui y végètent, l’inculture crasse des gens de  C**** qu’elle fuit heureusement en s’offrant des Pléiades telle une caution culturelle.

 Après des pages et des pages d’une écriture hautaine et fade où l’auteur réussit à se rendre la plus antipathique possible le drame arrive. Et je dois vous avouez avec honte être tellement exaspérée par ce livre qu’un « tu l’as pas volé » m’a traversé l’esprit alors que ce qu’elle subit est absolument monstrueux. Mais comment ressentir la moindre chose pour cette fille qui même en déposant plainte à la gendarmerie parvient à être encore condescendante et pleines de préjugées envers la gendarme qui la reçoit. Je ne sais pas si cette autofiction est complètement autobiographique (c’est en tout cas ce que dis à demi-mot la quatrième de couv) mais dans ce cas là je me suis demandée si cette écriture hautaine, détachée n’était pas une protection face aux événements. Toutefois cela n’excuse rien, si l’auteur décide de coucher sur le papier sa vie plutôt que d’aller s’allonger sur le divan d’un thérapeute elle se doit de donner des clés à son lecteur.

J’aurai aimé comprendre par exemple comment les protagonistes du drame ont-ils découvert sa source de revenu car à première vue rien ne les relie aux clients de Margaux. Qu’a donné l’enquête ? Sa double vie a- t-elle été découverte ?

 Camper un personnage antipathique est un choix, avoir un véritable rôle de tête à claque pourquoi pas mais dans ce cas là il faut donner au lecteur un intérêt littéraire et stylistique ce qui est inexistant ici.

Je remercie chaleuresement Babelio et les éditions Plon pour la découverte et l’envoi de ce livre.

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21 commentaires leave one →
  1. 21 octobre 2011 16 h 53 min

    Ouh, le livre se fait descendre !
    Ta réaction me fait penser à celle que j’ai eu quand j’ai lu Hell de Lolita Pill.
    Le genre de livre qui peuvent plaire aux jeunes filles qui n’aiment pas lire…

    • 21 octobre 2011 16 h 57 min

      J’ai pensé à Hell en le lisant effectivement, c’est le même genre de soupe. Dans le genre livre nombriliste et libéré il y a Mr de Emma Becker qui est aussi assez condescendant mais qui se positionne plus haut en terme de qualité d’écriture.

  2. 21 octobre 2011 17 h 22 min

    Je suis assez d’accord sur ce livre, notamment sur le fait de penser « c’est bien fait pour ta petite gueule de conne » à propos de la tournante. Et vous avez oublié de mentionner le chapitre débile « hommage » à Histoire d’O… Par contre je ne peux pas vous laisser dire que Mr est un livre condescendant, non non non. 🙂

    • 21 octobre 2011 17 h 40 min

      Je retire condessendant pour Mr et le remplace par snob 😉 Je ne suis donc pas la seule a avoir eu cette horrible pensée, me voila rassurée ! Ah oui ce chapitre hommage…sans commentaire…

  3. 21 octobre 2011 18 h 17 min

    Je suis allée lire votre chronique, et je me retrouve totalement dans ce que vous écrivez. Pour être honnête, je n’ai pas lu totalement ce livre, mais la moitié, et survolé la suite… J’étais en overdose ! Ça m’arrive très rarement, mais là, c’était trop pour moi.

    Une question que je me pose (je suis mère de famille), c’est comment est-il possible que des parents soient aussi aveugles que ceux de cette fille ? Comment une fille peut rentrer à la maison avec un manteau de fourrure (désolée, j’ai oublié la marque 🙂 ), un mac Intosh, j’en passe et des meilleures aussi discrètes, sans se demander avec quoi elle s’est payé cela ? Ca me dépasse complètement. Et de ce point de vue là, je peux à la limite comprendre le mépris de cette fille pour son entourage… Mais vraiment sans plus !

    Pour les deux autres livres cités ici en commentaire, aucun avis, je ne les ai pas lus…

    • 21 octobre 2011 18 h 35 min

      Je me suis posée la même question sur le fait que les nombreuses acquisitions luxueuses de Margaux n’interpellent personne. Sa mère semble « ailleurs » tout le long du livre. Concernant Hell passez votre chemin mais Mr de Emma Becker est intéressant et puissant sur le vide que peu provoquer la perte d’un amour.

  4. 21 octobre 2011 18 h 38 min

    J’en avais vaguement entendu parlé lors de sa sortie.
    Je ne l’ai pas lu, et de toutes manières, ce n’est pas le genre de livre qui m’attire.
    Et avec ce que tu viens d’écrire, c’est sans regret.

    Merci pour ta critique. J’aime bien les gens qui disent ce qu’ils pensent, à partir du moment où c’est fondé et expliqué.

    • 21 octobre 2011 18 h 44 min

      J’en n’en ai pas du tout entendu parlé avant de le lire, qu’en était-il dit ? C’est difficile de parler d’un livre que l’on aime pas, en général je chronique des coups de cœur pour les partager et les faire découvrir. Sans « l’obligation » d’en parler j’aurai clairement fait l’impasse.

      • 21 octobre 2011 18 h 59 min

        « C’est difficile de parler d’un livre que l’on aime pas, en général je chronique des coups de cœur pour les partager et les faire découvrir. Sans « l’obligation » d’en parler j’aurai clairement fait l’impasse. »

        Idem pour moi. J’avais demandé ce livre au service de presse de chez Plon, donc je me voyais mal faire l’impasse dessus… J’ai descendu très peu de bouquins, car je sais à quel point il est difficile d’écrire. Mais il y a des limites… Surtout avec le battage médiatique qui a été fait autour (la demoiselle a enchaîné les invitations télés un peu partout, s’en était indigeste). Il y avait même sur youtube ou dailymotion je ne sais plus, une interview d’elle, où elle tenait un discours aussi imbuvable que ses écrits. Donc là, plus aucun scrupule à dire ce que je pensais.

        • 21 octobre 2011 19 h 40 min

          Je n’ose jamais demander de service presse directement au éditeur. Je n’aime pas « descendre » un livre, l’histoire peu ne pas me plaire mais je reconnais toujours le travail d’écriture, de style,… Je n’ai vu aucun des passages tv mais vu ce que tu en dis je n’aurais surement pas postuler à la lecture de ce livre si je l’avais vu !

  5. 27 novembre 2011 14 h 52 min

    Découvrez le film Sigolène et Margaux – Une rentrée littéraire.
    Détails : http://t.co/x8RIm2fI

    • 27 novembre 2011 15 h 13 min

      Merci bien pour cette information mais…non merci….

  6. 9 mai 2012 12 h 07 min

    Pour tous ceux qui n’ont pas pu participer à la projection et qui ne pourront le voir en festival, ‘Sigolène et Margaux – Une rentrée littéraire’ est désormais accessible en ligne : http://t.co/lEnDl7Rv

  7. 3 juillet 2013 19 h 29 min

    La ville je suppose que c’est Carpentras .
    Je n’ai ni aimé ni detesté ce livre, je suis assez sceptique en ce qui concerne l’écriture de cette auteur. Il me semblre qu’elle s’inspire un peu du style de Lolita Pille. Un mix de Bubble Gum et Hell. C’est dommage. On aurait pu avoir là une belle histoire.

    • 4 juillet 2013 18 h 38 min

      J’ai plutôt pensé à Cavaillon (l’auteur fait un allusion au melon…). J’y avais également retrouvé le « style » Pille (cynisme et provocation sans grande envergure).

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