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Tangente vers l’est de Maylis de Kerangal

3 juillet 2012

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Hélène est monté dans le transsibérien à Krasnoïarsk pour fuir une vie qu’elle ne veut plus, Aliocha tente lui de fuir du transsibérien afin d’éviter le service militaire, il ne parle pas la même langue, mais vont vivre ce voyage entre peur, complicité, incompréhension, promiscuité et rapprochement.

J’ai lu d’une traite ce huit clos, seulement ponctué par les arrêts en gare. Le transsibérien, train mythique et fantasmatique, est ici froid, oppressant, sombre, austère voir dangereux, loin de l’image luxueuse et sulfureuse que j’en avais. Des troisièmes classes où voyagent les conscrits, en partance pour le service militaire, avides d’alcool, de confrontations virils et de rapports de force aux compartiments où s’entassent des familles, des voyageurs solitaires, des migrants, l’ambiance est lourde. Chacun collé aux fenêtres regardant défiler le paysage sous la surveillance des provodnitsas, dont le rôle est de gérer l’intendance du wagon tout en surveillant les passagers. Elles ont un statut très particulier notamment du fait que sous l’ère communiste elles étaient les seules à parcourir ainsi le pays d’est en ouest et ont leurs prêtent des rôles de passeuses et parfois d’espionnes.

Seul un moment du voyage devient joyeux, euphotique et est à l’origine d’une mouvement de liesse : l’apparition du merveilleux lac Baïkal visible depuis le train durant quelques kilomètres.

Aliocha, jeune homme renfermé et ténébreux au corps athlétique cherche à échapper au sort qui l’attend s’il reste dans ce train jusqu’à la caserne où il doit être incorporé. Fuir est son obsession, mais comment quitter ce train sans être vu avec les provodnistas et le sergent chef qui surveillent ? Comment fuir dans cette Sibérie glacée sans ressource ni point de chute ?

Sa rencontre avec Hélène est peut-être sa chance. Pourquoi l’aide t-elle ? Ils ne se connaissent pas, ne se comprennent pas et pourtant c’est dans son compartiment qu’il va trouver refuge et qu’elle va devenir la complice de ses tentatives de fuite.

Ce court texte m’a beaucoup plu, l’écriture de Maylis de Kerangal est précise, souvent métaphorique tout en laissant un flou permettant au lecteur l’interprétation des sentiments, des mouvements, des ressentis.

Tangente vers l’est est une ré-interprétation de la fiction radiophonique Ligne de Fuite écrite pour France Culture et née d’un voyage dans le transsibérien entre Novossibirsk et Vladivostok effectué en juin 2010 dans le cadre de l’Année France-Russie.

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♦ Tangente vers l’est de Maylis de Kerandal

Editeur : Verticales

ISBN : 978.2.07.013674.2

Parution : janvier 2012

Prix : 11,50 €

Pages : 128

7 commentaires leave one →
  1. 4 juillet 2012 15 h 35 min

    Ce texte m’avait ennuyée à mourir…

    • 4 juillet 2012 18 h 27 min

      J’appréhendai à la lecture car tu m’avais indiqué ne pas avoir apprécié sur un autre billet mais je suis tombée dedans comme Obélix dans la potion !

  2. 4 juillet 2012 16 h 48 min

    je ne lis pas ton billet car il est dans ma PAL

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