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Au-delà du mal de Shane Stevens

23 novembre 2012

Thomas Bishop a été placé en institution psychiatrique à 10 ans après avoir assassiné sa mère. 15 ans plus tard il s’en échappe en compagnie d’un complice qu’il assassine et dont il usurpe l’identité. Thomas a été convaincu par sa mère, femme instable, qu’il est le fruit de son viol par Caryl Chessman. Caryl Chessman est un violeur multirécidiviste condamné à mort ayant réellement existé. Son exécution dans la chambre à gaz dans les années 50 avait relancer le débat sur la peine de mort. Durant son enfermement  Bishop à idéalisé et fantasmé ce “père”, il en a fait son modèle et c’est donné un but : tuer des femmes pour lui ressembler, devenir son « héritier du crime ». Bishop se lance alors dans un road trip meurtrier, il enjôle, charme, attire des femmes… puis les tue et profane les corps. Sa vitesse d’adaptation à la société, monde qu’il n’a jamais connu, m’a troublé : création d’identité, fuite, organisation tout est presque parfait. Il devient très vite l’ennemi public numéro 1. Malgré la cruauté et la dangerosité du personnage j’ai ressenti de l’empathie pour cet homme. Son acte criminel enfant était inévitable au vu du contexte familial. Il a grandit dans la haine puis l’isolement, à quel moment aurait-il pu devenir « humain » ?

En parallèle du parcours meurtrier de Bishop nous suivons l’enquête sur les traces de Bishop d’Adam Kenton, talentueux journaliste d’investigation dont la rédaction a senti dans cette affaire un bon filon pour vendre du papier. La est toute la perversion de l’histoire : Bishop est un monstre mais sa traque fait vendre du papier et ses agissements permettent aux hommes politiques de servir leurs causes pour la peine de mort. Plus Bishop tue, plus l’homme politique militant pour la peine de mort prend de l’ascendant. Tout est liée et imbriquée, la société est terrifiée et en même temps avide de sensationnel et de frisson et les journaux leurs en donnent pour leur argent.
Ce livre dresse un portrait noir et sans concession de notre société en nous mettant face à de nombreuses contradictions et à la fascination que le mal engendre sur l’homme. L’auteur nous confronte à un monstre que la société a elle-même créé et prend un malin plaisir à nous voir horrifié par cet homme sans foi ni moral.

Ce livre a également une histoire à part entière, en effet l’auteur est un quasi-inconnu tombé dans l’oubli après avoir écrit cinq romans de 1966 à 1981. Les éditions Sonatine ont du retrouver les ayants droits car Shane Stevens est introuvable depuis les années 1980. C’est donc 25 ans après son écriture que ce livre pu être traduit et édité en France.

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♦ Au-delà du mal de Shane Stevens

Traduction : Clément Baude

Editeur : Pocket

ISBN : 978 2 266 18959 0

Parution : février 2011

Prix : 9,10€

Pages : 889

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6 commentaires leave one →
  1. saralaura permalink
    23 novembre 2012 18 h 25 min

    Comme toujours tu fais de bonnes recomanations, je note, mais actuellement je suis occupée avec Le jardin oublié de Kate Norton.

  2. 23 novembre 2012 23 h 50 min

    J’avais bien aimé celui ci!!!! et il apparait comme une place de choix dans ce challenge!!!!

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