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Splendour de Géraldine Maillet

30 août 2016

splendourDe Nathalie Wood je ne connaissais que sa mort tragique sur laquelle pèse des soupçons et son rôle dans West Side Story. J’espérai en découvrir plus sur cette femme à la lecture de Splendour de Géraldine Maillet.

Splendour est le nom du yacht où Nathalie vécue ses derniers instants avant de disparaitre dans les flots. Le procédé narratif de ce roman est très intéressant. L’auteur alterne les chapitres sur le bateau le 28 novembre 1981, dernier jour de vie de Nathalie, et le 29 novembre 1981, dans l’eau, durant sa noyade. Chaque chapitre indique l’heure et la température extérieure pour le 28 et de l’eau pour le 29. Durant les chapitres datés du 28 nous parcourons la vie de Nathalie, durant ceux daté du 29 nous partageons ses derniers instants, sa lente agonie et son introspection sur sa vie et son destin.

Nathalie était une femme jolie mais au physique ne correspondant pas au standard de la star de l’époques : Sophia Loren et on sent à la lecture une véritable souffrance face à cela. Elle est, elle aussi, une star mais elle n’est pas glamour. Elle n’a pas l’image de la sagesse sur papier glacé. Elle est la débauchée, l’instable, celle qui boit, fait des esclandres, à une vie sexuelle connue de tous et débridée.

Je suis toujours hors de moi. Ou trop dans moi. Mais pas juste moi. Je n’ai jamais trouvé la bonne distance.

Ce 28 novembre 1981 sur le Splendour il y a son mari, son amant du moment et le capitaine du navire, ancien amant. La relation avec son mari est trouble et en même temps magnifique. Il semble aimer cette femme plus que tout et en même temps la regarder comme une femme perdue et en train de sombrer définitivement. Une sorte d’apostrophe au drame du lendemain. L’alcool coule à flot, Nathalie, qui avait très peur de l’eau est-elle tombée ? A-t-elle été jetée à l’eau ? La n’est pas la question. Les doutes planent depuis bientôt 35 ans.

 _ Tu es là, avec moi, on passe Thanksgiving tous les deux, et ça depuis presque vingt-cinq ans.. ; Je devrais être jaloux de quoi au fond ?

_ T’oublies le trou béant, notre divorce, presque dix ans sans toi, où j’ai été…

_ La plus heureuse du monde…. Tellement heureuse que tu m’es revenue. Mais voyons mon amour, tu n’es pas faite pour être heureuse… Et je crois que ton malheur est plus supportable avec moi qu’avec n’importe quel autre homme, même si tu es folle amoureuse, même si tu l’as ans la peau… La peau, ça passe…. Pas nous…

_ Nous aussi.

_ Non. Tu as besoin de moi. Pas envie de moi mais besoin. Je suis ta poutre IPN. Je fais partie de tes fondations. Tu le sais Nathalie. Tu peux te permettre de vaciller, de prendre tous les risques, de vivre avec d’autres hommes, d’y croire… parce que je veille… et tes autres histoires se sont toutes terminées, sauf la nôtre.

L’auteur nous narre son enfance avec une mère d’une dureté folle, qui vivait à travers sa fille ses propres rêves de gloire. Sa sœur formatée à vivre dans son ombre et à devenir son double en cas de malheur. Ce qui m’a le plus touché est la relation avec son père (trop rapidement survolée par l’auteur). Une relation d’incompréhension, de tristesse et d’instant manqué.

Je suis tout de même restée sur ma faim, le livre focalisant principalement sur son comportement avec les hommes, ses multiples relations, sa destruction par le sexe. J’aurai aimé plus d’introspection, d’analyse. L’auteur évoque de nombreux passage de sa carrière, ses relations avec les acteurs, les producteurs, le milieu du cinéma des années 60, 70 mais en restant souvent superficiel. Beaucoup de note de bas de page auraient méritées d’intégrer directement l’ouvrage car on sent à l’écriture une véritable passion pour le cinéma américain et l’histoire de ceux qui l’ont fait.

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♦ Splendour de Géraldine Maillet

Editeur : Grasset

Collection : Ceci n’est pas un fait divers

ISBN : 9782246852131

Parution : mai 2014

Pages : 160

Prix : 14,90 €

One Comment leave one →
  1. 9 septembre 2016 20 h 58 min

    Un triste final pour une délicieuse artiste et bien sûr la retrouver sur ce livre sera un plaisir.
    Gros bisous.

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